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Musique créée par l’IA : ce que disent les chiffres en 2026

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Musique créée par l’IA : ce que disent les chiffres en 2026

Plus de la moitié des nouveaux morceaux publiés chaque jour sur Deezer sont générés par IA. Chiffres, droit d’auteur, transparence.

Il y a deux ans encore, la musique générée par intelligence artificielle relevait de la curiosité. En 2026, elle forme une part majeure des nouveautés publiées sur les plateformes de streaming. Que retenir quand on est musicien, organisateur d’événements, entreprise ou association et que l’on met de la musique dans ses vidéos ?

Beaucoup de morceaux, peu d’écoutes

En juillet 2026, Deezer a annoncé que plus de la moitié des morceaux livrés chaque jour sur sa plateforme sont entièrement générés par IA, avec un pic d’environ 90 000 titres par jour en juin 2026. La plateforme dit avoir détecté et signalé 13,4 millions de titres générés par IA sur l’année 2025.

Le contraste frappe : ces morceaux ne pèsent que 1 à 3 % des écoutes. Selon Deezer, jusqu’à 85 % des écoutes de ces titres en 2025 étaient frauduleuses, c’est-à-dire produites par des robots pour capter des revenus, contre 8 % pour l’ensemble du catalogue. Une bonne part de cette production vise donc moins le public que les mécanismes de rémunération.

Le public ne distingue pas, mais veut savoir

Une enquête Ipsos menée pour Deezer en novembre 2025 auprès de 9 000 personnes montre que 97 % des répondants n’ont pas su distinguer un morceau créé par IA d’un morceau humain à l’écoute à l’aveugle. Pourtant, 80 % souhaitent un étiquetage clair des titres générés par IA, et 52 % ne veulent pas les voir dans les classements à côté des morceaux d’artistes. Deezer étiquette ces titres depuis juin 2025 et les exclut de ses recommandations algorithmiques et de ses playlists éditoriales.

Un enjeu économique pour les créateurs

La CISAC, qui fédère les sociétés d’auteurs dans le monde, a publié en décembre 2024 la première étude mondiale sur le sujet, réalisée par le cabinet PMP Strategy. Elle estime que, faute de cadre adapté, 24 % des revenus des créateurs de musique seraient menacés d’ici 2028, soit une perte cumulée d’environ 10 milliards d’euros sur cinq ans, tandis que le marché de la musique générée par IA atteindrait environ 4 milliards d’euros par an.

Le droit se précise

Qui est l’auteur ?

Aux États-Unis, le Copyright Office a conclu dans son rapport de janvier 2025 que la protection par le droit d’auteur suppose une contribution humaine suffisante : de simples instructions (prompts) données à une IA ne suffisent pas à faire de l’utilisateur l’auteur du résultat. Les éléments créés ou arrangés par un humain restent, eux, protégeables.

Des procès aux accords de licence

Après avoir poursuivi Suno et Udio en 2024, les grandes maisons de disques ont commencé à négocier. Universal Music et Udio ont annoncé fin octobre 2025 un accord qui met fin au litige, avec des licences et une future plateforme de création sous licence. Warner Music a conclu un accord comparable avec Suno en novembre 2025. L’IA musicale s’oriente vers un modèle de licences, où les artistes consentent et sont rémunérés.

En Europe, la transparence devient une obligation

Depuis le 2 août 2026, le règlement européen sur l’IA (AI Act) impose des obligations de transparence : les fournisseurs de systèmes qui génèrent du son, de l’image, de la vidéo ou du texte doivent marquer ces contenus de façon détectable par machine, et les contenus truqués (« deepfakes ») doivent être signalés comme tels. Les systèmes déjà sur le marché disposent d’un délai supplémentaire, jusqu’au 2 décembre 2026, pour le marquage technique.

Ce que cela change pour vous

Si vous utilisez de la musique dans vos vidéos ou vos événements, vérifiez les conditions de licence de l’outil ou de la banque de sons, surtout pour un usage commercial, et gardez une trace de ces conditions. Si vous êtes musicien, l’IA peut aider à maquetter ou à explorer des idées, mais votre apport humain reste ce qui protège votre œuvre. Dans tous les cas, le public attend de la transparence : indiquer qu’une IA a aidé à créer un contenu renforce la confiance.

Cet article est informatif. Il ne constitue pas un conseil juridique : pour un cas précis, adressez-vous à un professionnel du droit ou à votre société d’auteurs.

Sources